
Dans la vie, on dit qu’on a échoué.
Mais la poésie murmure qu’on a osé,
Qu’on s’est risqué, qu’on s’est avancé
Corps et âme sur les chemins sinueux et emplis d’embuches de la vie.
Échouer dans la vie, ce n’est que se manquer ; en poésie,
C’est se jeter au-devant d’un péril inconnu,
C’est faire preuve d’une grande témérité,
Et malgré l’impossibilité de parvenir au but voulu,
Assumer et dévoiler notre plus grande vulnérabilité.
Alors l’échec devient éclat de sagesse,
Un compagnon discret guidant notre allégresse ;
Une gifle muée en caresse,
Un parent sévère dont l’amour nous redresse.
C’est sans cesse essayer, se risquer encore et toujours.
C’est goûter à la véritable liberté,
C’est défier l’ombre de toute fatalité.
C’est emplir son cœur de courage et d’amour.
Car l’échec n’existe pas en tant que tel,
C’est un phare caché qui nous guide,
Une brûlure sublime qui rend l’âme plus belle,
Comme la potion d’humilité du druide.
Et si l’on verse des larmes pour une réussite illusoire,
Dans le flot doux-amer d’un triste exutoire,
On découvre que l’existence n’est jamais que le reflet
Du sens profond qu’on choisit de lui donner.

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